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English: Do You See Eternity?

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Par Randy Alcorn À Propos de Ciel et enfer

Traduction par Patrick Essiangne

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Dans les années 1970, alors que je venais de me convertir, plusieurs chrétiens écoutaient avec empressement les prédicateurs bibliques qui « prouvaient » par les Écritures que le Christ reviendrait dans les années 1980. La Terre, telle une grande planète, nous disait que le figuier de Matthieu 24:32-35 représentait Israël, et que la génération qui aurait vu le retour d'Israël comme nation en 1948 ne passerait pas avant le retour de Christ. Convaincu de cela, un de mes amis a abandonné l’idée de se faire soigner les dents, disant : « Pourquoi dépenser de l'argent alors que Christ va revenir dans quelques années ? »  (Il a fini par le regretter !)

Des années plus tard, en tant que pasteur, j'hésitai avant de prêcher sur le second avènement de Christ, lassé de cette obsession pour les prophéties. Celle-ci concernait moins Jésus que d'interminables spéculations sur l’affliction, l'Antéchrist, l'URSS assimilée à Gog et Magog, l'armée chinoise s’apprêtant pour l'Armageddon, les sauterelles de l'Apocalypse 9 incarnant des hélicoptères, etc.

Néanmoins, il est essentiel pour les croyants de mettre l'accent sur le retour de Christ, car « notre cité à nous est dans les cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus Christ » (Philippiens 3.20). Christ apparaîtra « à sauver ceux qui l'attendent pour leur salut » (Hébreux 9.28) et il récompensera « tous ceux qui auront aimé son avènement » (2 Timothée 4.8).

L’Écriture appelle son retour l'heureux accomplissement de « notre bienheureuse espérance » (Tite 2.13).  L’espérance que nous envisageons n’est pas un vœu pieux, cependant une certitude inébranlable, acquise par le sang de Christ. Puisque le retour de Christ est la grande espérance du croyant, nous devons nous interroger : que voudra dire son retour ?

Sommaire

Ce Jour de Joie

Il n’est pas fondamental de comprendre en détail le déroulement de l’avenir. Cependant la pierre angulaire de toute eschatologie orthodoxe est la croyance en la seconde venue du Christ – son retour physique sur terre.

Prêchant sur le second avènement, Charles Spurgeon a déclaré : « Rester bouche bée à contempler les étoiles est une erreur ; il est bien mieux de continuer à œuvrer pour le Seigneur, de se préparer soi-même et son service pour son retour, et de se réconforter avec cette pensée : “Pendant que je suis à l’œuvre, mon Maître viendra peut-être. Avant que je ne me fatigue, mon Maître reviendra peut-être.” »

Le retour imminent de Christ indique qu’il peut revenir bientôt, très prochainement, comme cela a été le cas pendant deux mille ans. Cela indique également qu’il n’est pas obligé de revenir quand nous le pensons (1 Thessaloniciens 5:1-3). Comme Jésus le dit lui-même : « Le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas » (Matthieu 24:44).

À moins que Christ ne revienne de notre vivant, nous périrons tous. Au moment parfait où Dieu le désire, il nous retirera chacun de ce monde déchu.  Puis, au temps marqué, il renverra son Fils pour établir son royaume et susciter la résurrection des croyants pour la vie éternelle sur la nouvelle terre. Combien nous sommes reconnaissants pour la promesse de Dieu de corps ressuscités et d'esprits renouvelés, grâce auxquels nous pourrons mieux le glorifier en nous réjouissant en lui éternellement !

Jean Calvin a écrit : « N'hésitons pas à attendre la venue du Seigneur, non seulement avec ardeur, toutefois également avec des gémissements et des soupirs, comme la chose la plus heureuse qui soit. Il viendra à nous comme Rédempteur » (Institution de la religion chrétienne 3.9.5).

Ce sera le jour où tout changera.

Seulement le Commencement

Notre intérêt pour les temps de la fin s'étend généralement à la période précédant et suivant directement le retour de Christ. Toutefois si son retour sera d'une merveille indicible, il sera bref. Ce qui ne finira jamais, c'est notre relation continue et toujours plus profonde avec Jésus.  Elle s’enrichira de jour en jour, parce que « il y a d’abondantes joies devant ta face,  des délices éternels à ta droite » (Psaume 16.11). Et tandis que nous attendons Jésus par-dessus tout, nous pouvons également aspirer à notre demeure éternelle : « Mais nous attendons, selon sa promesse,  de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera » (2 Pierre 3.13).

Une femme fiancée à un homme vivant loin attend avec joie le jour de son retour pour leur mariage, un événement qui transformera leur vie. C’est pareil pour nous, l'Église, épouse de Christ, dans l'attente de son retour. Pourtant, un mariage, aussi merveilleux soit-il, n'est qu'un début. Je me souviens de mon mariage avec une grande tendresse, cependant en considérant les 54 années passées à connaître Nanci et nos 47 années de mariage, je peux dire que parmi les innombrables souvenirs partagés, seule une infime partie provient de ce jour si spécial.

De même, le retour de Christ n'est pas uniquement un événement explosif qui met fin à l'histoire, toutefois il en inaugure une nouvelle et lève la malédiction, de sorte que plus rien ne pourra empêcher notre relation avec Jésus. « Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire » (Colossiens 3:4). Nous expérimenterons la révélation continue et quotidienne de sa personne en demeurant en sa présence directe.

Mieux encore, une fois de retour, il ne nous quittera plus jamais.

 Face à Face avec notre Époux

Quand on est amoureux, on veut être près de l’être aimé. Les lieux où l’on va et les sujets de conversation importent peu face à la joie de seulement vivre ensemble. Ce sera pareil dans la présence directe de Jésus, notre véritable Époux et notre meilleur Ami.

Je me demande quelquefois ce que ce sera de voir Jésus face à face, de me prosterner devant lui, puis de parler, de manger et de marcher avec lui, comme un ressuscité vivant sur une terre ressuscitée. Comme Job, je suis frappé par cette pensée : « Mes yeux le verront, et non ceux d’un autre; Mon âme languit d’attente au-dedans de moi ! » (Job 19.27).

Quelquefois, nous imaginons trop de choses au sujet de la vie éternelle. Cependant généralement, le problème n’est pas que nous imaginions, mais que nos imaginations soient habituellement dénuées de fondement biblique. Nous avons du mal à nous représenter les réalités que Christ nous montre dans sa Parole.  Plutôt que d'ignorer notre imagination, je crois que nous devrions la nourrir des Écritures, en passant les portes que la Bible ouvre.

Nous ne pouvons nous projeter que dans le futur, dans ce que nous pouvons imaginer. Imaginons donc, ce que ce sera de marcher avec Jésus sur la nouvelle terre, comme l'ont fait les premiers disciples. Vivre en présence du Christ sera l’accomplissement finale de la vie abondante et remplie promise par Dieu.

En attendant, de nombreuses questions restent sans réponse. Par exemple, comment tous le verront-ils quand il reviendra (Apocalypse 1:7) ? Comment des millions de croyants sur la nouvelle terre pourront-ils parler et marcher avec Jésus individuellement ? Aurons-nous chacun notre tour afin de bénéficier de sa présence corporelle ? Ou bien le corps unique de Jésus sera-t-il parallèlement présent avec son peuple en un million de lieux ? Les questions abondent, cependant nous savons que Dieu est capable de bien plus que nous ne pouvons l’imaginer.

Tout ce qui nous entourera sur la nouvelle terre – les peuples, les banquets, le travail, la culture, les arts, les sciences – tout nous mènera vers Jésus. Bien que nous soyons toujours limités, nous continuerons à grandir dans la connaissance du Dieu éternel. Il nous montrera, dans les siècles à venir  « l’infinie richesse de sa grâce, par sa bonté envers nous en Jésus-Christ » (Éphésiens 2:7).  Qu’apprendrons-nous à son propos en l’adorant avec les quatre êtres vivants (Apocalypse 7.11) ? Qu’apprendrons-nous des anges (Apocalypse 5.11), et qu’apprendront-ils de nous ? Quelles leçons aurons-nous des animaux sur la nouvelle terre (Ésaïe 11.6-9 ; 65.25) ?

En contemplant les visages des hommes, des anges et des animaux, nous verrons les innombrables façon dont notre Créateur s’est montré à nous. Nous progresserons continuellement dans la profondeur et l’étendue de notre relation avec Jésus : d’abord, directement avec lui ; puis, à travers les autres êtres vivants et le monde nouveau et fascinant qu’il créera. Toute notre vie sera centrée sur lui, et nous apprendrons à mieux le connaître au travers des innombrables aventures qui nous attendent.

Viens, Seigneur Jésus !

Jésus reviendra après le décès du dernier martyr (Apocalypse 6.11), après la conversion du dernier converti.  Cependant « pour ce qui est du jour et de l’heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux, ni le Fils, mais le Père seul » (Matthieu 24:36). En attendant, servons-le fidèlement, confiants que Jésus reviendra quand il le jugera bon – que ce soit de notre vivant ou dans des centaines d’années.

Pendant ce temps, plaçons toute notre espérance en Christ et en ses promesses. Il reviendra, et nous ressusciterons à la vie sur la nouvelle terre, où nous admirerons le visage de Dieu et le connaîtrons et le servirons avec joie pour toujours.

Alors, les yeux levés vers le ciel, nous disons ensemble  : « Viens, Seigneur Jésus ! »