À l'Époque où Nous Avions des Amis
De Livres et Prédications Bibliques.
Par Greg Morse À Propos de Sanctification et croissance
Traduction par Patrick Essiangne
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Pourquoi les Frères Ont Encore Besoin des Frères
Les gars, vous rappelez-vous de l'époque où on avait des amis ?
Le temps où on demandait pour la première fois, à notre façon et sans honte : « Voudrais-tu être mon ami ? » Le temps où on pouvait être vulnérables, authentiques, honnêtes avec quelqu'un sur qui on pouvait constamment compter. L'époque où on n'avait pas beaucoup de choses à faire que de traîner avec les copains. Pour moi, c'était le temps où l'herbe était détruite par les plaquages au football américain, où le garage était déformé par les paniers de basket et où l'argent de poche partait au cinéma. Vous vous rappelez de cette époque ?
Je parle de ces jours de basket-ball pour enfants, à la récréation, et de ces tentatives pour persuader les copains d'échanger leur sandwich au beurre de cacahuète contre des nuggets de poulet. Ces soirées pyjama, ces jours où l'on se disait : « Les filles sont difficiles… mais on les aime bien quand même. » Ces jours où l'on se poursuivait partout, où l'on tâtonnait afin de devenir un homme, où l'on faisait de leurs joies les nôtres et de leurs difficultés les nôtres. Au temps où les parties de baseball et les balades à vélo étaient des instants sacrés où l'on racontait des blagues, où l'on partageait ses frayeurs, où l'on rêvait, où les amis devenaient frères et où les orphelins trouvaient une famille. Vous savez, au temps où l'on avait des amis.
Mais nous sommes adultes actuellement. Nous avons une occupation et des factures à payer. Ils ont leur épouse et leurs enfants ; nous avons les nôtres. Les réponses aux SMS prennent plus de temps pour arriver, comme si elles étaient livrées par pigeon voyageur. Tu dois te débrouiller par toi-même ; tu es un homme à présent. D'ailleurs, tu n'es plus pareil. Jésus t'a trouvé ; l'amitié s'est détériorée. Quel partenariat la lumière peut-elle avoir avec les ténèbres ? Pas grand-chose, tu t'en rends compte. Et quoi maintenant ?
Eh bien, actuellement tu es à l'église et tu as rencontré de bonnes personnes, c'est certain. Indéniable. Ce sont des frères au sens le plus profond du terme, des frères en Christ. Mais tu n'as peut-être pas trouvé de frères au sens plus réel du terme : un ami avec qui passer du temps, à qui te confier et sur qui compter. Un homme qui te connaît véritablement. Un homme dont vous aimez fortifier les mains dans le Seigneur, toutefois avec qui vous partagez d'autres occupations que l'étude de la Bible. Un homme qui n'est pas prisonnier d'un calendrier sévère. Un homme que vous appréciez, en qui vous avez confiance et que vous finissez par aimer comme votre propre âme.
Un humoriste plaisantait en disant que l'un des plus grands miracles de Jésus était d'avoir pour amis douze hommes adultes. On sourit, puis on grimace. De tels rapports devraient-ils être si rares ? La parole de Dieu nous enjoint-elle de vouloir ce genre d'amis ? De prier pour ce genre d'amis ? De désirer être ce genre d'amis ? Je pense que oui.
La Bénédiction d'Avoir un Frère
Méditant sur le sens de la vie, l'auteur de l'Ecclésiaste nous donne un merveilleux plaidoyer pour la fraternité, pour l'amour entre frères.
Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail. Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever! De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud? Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. (Ecclésiaste 4:9-12)
Le sage enseigne que deux valent mieux qu'un, et une fraternité à trois est encore mieux. Il a juste fini d'expliquer qu'il n'est pas bon pour l'homme d'être seul, parlant non seulement du mariage, mais également de la vie d'homme (Ecclésiaste 4:7-8). Nous nécessitons des frères. La vie est plus belle de la sorte. Il en présente quatre raisons.
1. Frères pour le Travail
Deux valent mieux qu’un, parce qu’ils retirent un bon salaire de leur travail.. (Ecclésiaste 4:9)
Le premier domaine où nous constatons la bénédiction de cette fraternité est notre travail. Les hommes ne se contentent pas uniquement de se retrouver dans des cafés pour échanger des nouvelles ; ils vivent ensemble leur vie. Ils travaillent chacun avec son prochain.
Ils savent qu'une partie de leur cheminement de disciple est active, en œuvrant ensemble. Jésus a un joug, et ces frères désirent travailler côte à côte. Et quand ils le font, leur travail est bien récompensé. En travaillant ensemble, ils s'aident réciproquement à devenir de meilleurs hommes, disciples, maris, pères, ouvriers et voisins. Ils servent dans l'Église, utilisent leurs dons, s'encouragent réciproquement et réalisent ensemble les bonnes œuvres que Dieu les a préparés à faire. Au lieu de considérer cet investissement comme une distraction par rapport à leurs autres impératifs, ils savent qu'une belle récompense les attend au terme de leur travail commun. Ils disposent de meilleurs résultats que s'ils travaillaient seuls.
2. Frères face à la Chute
Deux valent mieux qu'un… Car, s’ils tombent, l’un relève son compagnon; mais malheur à celui qui est seul et qui tombe, sans avoir un second pour le relever ! (Ecclésiaste 4:9-10)
Combien de chrétiens gisent à terre, vaincus, sans personne pour les relever ? George Whitefield le dit avec justesse :
Lorsque nous pensons à notre propension à l'erreur dans nos jugements et au vice dans nos actions ; à notre incapacité, ou du moins à notre réticence, à discerner ou à corriger nos propres fautes ; lorsque nous voyons combien le monde est enclin à nous flatter dans nos défauts, et combien rares sont ceux qui sont assez bienveillants pour nous exprimer la vérité ; quel précieux privilège que d'avoir autour de nous des amis sincères, judicieux et chaleureux, veillant toujours sur nos âmes, nous informant de nos erreurs et nous avertissant de ne plus les refaire. Tel est incontestablement un privilège… dont nous ne saurons jamais la valeur avant d'atteindre la gloire.
Les bons frères sont comme les mains de Dieu qui nous supportent. Lorsque nous trébuchons, lorsque nous péchons, lorsque nous prenons le mauvais chemin aux conséquences désastreuses, ils sont là pour nous tendre la main et nous relever. Ils viennent à nous lorsque nous sommes au plus bas. Ils nous écoutent. Ils nous reprennent. Ils prient avec nous. Ils nous emmènent à la repentance et nous rappellent Christ et ses précieuses promesses. Et lorsque la vie nous accable, le cœur brisé, incapables de nous relever, ils sont encore là. Nous pleurons ensemble. Malheur à nous si nous tombons continuellement dans nos mariages, notre vie privée, notre rôle de père, notre travail, ou si nous avons une fracture suite à un coup inattendu – et qu’aucun frère n’est présent pour nous aider à nous relever.
3. Un Frère pour les Moments de Froid
De même, si deux couchent ensemble, ils auront chaud; mais celui qui est seul, comment aura-t-il chaud ? (Ecclésiaste 4, 11)
Imaginer deux voyageurs en route. Les nuits sont froides, et un pèlerin peut se réchauffer mieux blotti contre un compagnon. Lors des nuits spécialement froides, avoir un frère pour l’aider à se réchauffer peut faire la différence entre la vie et la mort.
Dans ce sens plus profond, nos âmes nécessitent la chaleur spirituelle des autres. Même les cœurs rachetés se refroidissent isolés. Nous traversons un monde glacial. Comment pouvons-nous garder notre ferveur jusqu’à la fin ? Comment ne pas être refroidis par la souffrance, le péché ou les distractions ? Comment pouvons-nous nous élever au-dessus de cette religion tiède qui mène tant de personnes à leur perte ? Comment peut-on rester chaud tout seul ?
Sur ce chemin, nous nécessitons de vrais frères qui brûlent d’une véritable passion pour Christ et son royaume. Nous avons besoin d’eux, comme ils ont besoin de nous. Les bons frères nous réchauffent pendant les jours froids et moroses et nous apportent leur chaleur pour que notre foi ne se congèle pas. Comme le dit Rafiki : « Si tu désires aller vite, va seul. Voilà la route. En avant ! Cependant si tu désires aller loin, allons ensemble. »
4. Frères d’Armes
Deux valent mieux qu’un… [parce que] Et si quelqu’un est plus fort qu’un seul, les deux peuvent lui résister; et la corde à trois fils ne se rompt pas facilement. (Ecclésiaste 4:9, 12)
Plusieurs sont ceux qui ne recherchent pas de tels frères d’armes, ni ne jeûnent, car ils ignorent qui cherche à les battre. Ils ne savent pas quel Philistin, quelles armées, quels voleurs et quels ennemis se placent entre eux et le royaume de Christ. Si, au loin, ils aperçoivent une prairie fleurie, ils ne nécessitent peut-être personne ; cependant s’ils voient des légions de forces spirituelles vouées à leur destruction, que ne donneraient-ils pas afin d’avoir un Aragorn et un Legolas à leurs côtés ? Frères, nous sortons, dit Whitefield,
à dix mille hommes pour combattre celui qui vient contre nous avec vingt mille hommes ; parce que nous devons « lutter non seulement contre la chair et le sang, mais aussi contre les principautés, contre les autorités et contre les esprits du mal dans les lieux célestes ». Et dites-moi, vous tous qui craignez Dieu, n'est-ce pas un privilège incalculable d'avoir autour de nous une compagnie de compagnons d'armes qui s'encouragent et s'exhortent réciproquement à tenir bon, à rester unis et à suivre vaillamment le capitaine de notre salut, même au milieu d'une mer de sang ?
Vous ne surestimerez jamais le don que Dieu vous fait d'un homme qui devient plus courageux au fur et à mesure que le besoin se fait sentir – un frère toujours plus prompt à vous accompagner quand les ennemis augmentent. Il est fait pour cela : « L’ami aime en tout temps, Et dans le malheur il se montre un frère » (Proverbes 17:17). Et si vous avez deux hommes de ce genre avec vous – que tout ce qui vous attend prenne garde !
Pour cette Vie et la Suivante
Quelle conclusion au final ? Nombre d'entre nous sont moins efficaces pour Christ, plongés dans la tristesse ou le péché et incapables de se relever, leur amour pour la gloire de Dieu et le salut d'autrui s'étant refroidi, et nous étant plus fréquemment tentés par Satan, la chair et le monde. Pourquoi ? Car nous n'avons pas un ou deux frères à nos côtés.
Deux valent mieux qu'un, trois valent mieux que deux, et cependant, nous voyons des chefs de famille seuls, éparpillés dans tous les sens – des hommes bons, des hommes de Dieu, des hommes isolés. Ils ont faim, non d'activités, cependant d'hommes pieux avec qui les partager. Avec qui chasser, manger, observer le gibier, faire du sport, examiner la Parole de Dieu, évangéliser, construire une maison ou créer une affaire.
Frodon nécessite Sam ; Harry nécessite Ron ; David nécessite des hommes forts ; Jonathan nécessite son écuyer. Même Jésus, qui a dû accomplir seul sa mission, a choisi de partager de précieux moments sur terre avec ses douze apôtres. Diviser pour régner reste une stratégie efficace de l'ennemi. Mais que peut-on faire ? Que faire si vous n'avez pas de frère de ce genre, même si vous en désirez un ?
Vous pouvez Prier. Vous pouvez vous consacrer du temps chaque semaine à ces relations. Vous pouvez vivre votre foi au service de Dieu et voir quels frères se joignent à vous. Une autre stratégie que j'ai essayée : soyez vous-même un homme de ce genre. Engagez-vous à œuvrer, à encourager, à ardentiser et à lutter aux côtés d'autres hommes. Faites cela, et je suis convaincu que vous découvrirez vos fidèles compagnons d'armes. Donc, qui pouvez-vous fortifier cette semaine dans le Seigneur ?
En attendant, n'oubliez pas d’aimer cette fraternité plus que toute autre. Jésus tend encore la main vers nous, ses apôtres, et dit : « Voici mes…frères ! Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère » (Matthieu 12, 49-50). L'Esprit de Christ transcende les divisions et réside en nous. Peut-être, tout simplement, n'avez-vous pas encore ces frères car Dieu voudrait que vous appréciez pleinement l'œuvre de Christ en vous, son soutien, la chaleur qu'il apporte à votre âme et son combat à vos côtés. Heureux celui qui apprend, même parmi de bons frères, à se reposer totalement sur cet Ami.
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